A partir de la fonction de base monétaire du CIEDESS, ou NExT en anglais, il est possible de faire évoluer le système monétaire et financier, et en particulier mettre en place une fonction d’assurance économique grâce à la monnaie franche.

L’assurance économique grâce à la monnaie franche

Dans le réseau de coopérateurs de NExT, nous voulons pouvoir réaliser des relances économiques pour pallier aux éventuels dysfonctionnements naturels de l’économie de marché. Nous voulons aussi pouvoir utiliser l’économie de marché pour réaliser nos projets politiques, et en définitive choisir notre mode de vie de manière indépendante du système financier. Nous voulons imposer notre volonté aux marchés et non se faire imposer la “volonté” des marchés.

Traditionnellement, pour réaliser une relance économique, on finance par exemple des projets de grands travaux par de la dette. A partir du moment où NExT possède un système monétaire, on peut créer une dette interne, pour financer, en comptes de compensation internes, des projets de développement que l’assemblée générale des coopérateurs auront choisi. En effet, NExT est un acteur économique de son réseau de coopérateurs. Il possède donc lui aussi un compte de compensation dans son système monétaire. Il est ainsi possible de puiser dans ce compte pour financer les projets collectifs. Son compte deviendra débiteur, mais il n’y a pas de problème à cela. On a vu que les comptes débiteurs ne produisent pas d’agios, NExT devra simplement rembourser sa dette, c’est à dire revenir en compte positif de manière convenue avec les coopérateurs, sans payer d’intérêts.

Cependant, nous voulons mettre en place une “assurance économique”. Cette assurance économique doit en particulier pouvoir assurer le remboursement de la dette, de manière à assurer la bonne fin des projets de développement choisis.

Or le mode classique de remboursement d’une dette , consistant à ponctionner un pourcentage sur chaque échange réalisé, comme une sorte de TVA, ne permet pas d’assurer le remboursement. Nous y reviendrons plus tard. Pour “assurer” le remboursement de la dette il faut mettre en oeuvre un mécanisme ressemblant à une “taxe sur le capital”.

En effet, la taxe sur le capital fonctionne formellement comme une assurance. Lorsqu’on assure sa maison par exemple, la prime d’assurance annuelle (ou mensuelle si elle est mensualisée) représente un pourcentage de la valeur de la maison. On pourrait donc dire que la taxe sur le capital EST une assurance.

Cette assurance économique est une taxe sur le capital

Or dans la coopérative d’échanges, nous n’avons que des comptes de compensation internes. L’homologue d’une “taxe sur le capital”, c’est de prélever une “prime d’assurance” mensuelle d’un certain pourcentage du solde des comptes, lorsqu’ils sont créditeurs. Ce mécanisme est analogue à celui de la monnaie franche proposée par Silvio Gesell dont vous parlerons plus précisément dans de prochains articles.

Dans ce cas, on comprend aisément qu’on assure bien le remboursement de la dette.

En effet, on se rappelle que le système monétaire de NExT étant un ensemble de dettes et de créances, la somme des comptes de compensation est nulle. Ainsi si le compte de NExT est négatif suite à la création d’une dette, cela signifie que cet argent : la monnaie franche, a été distribué dans le réseau de coopérateurs pour financer les projets de développement. Auquel cas l’ensemble des coopérateurs sera structurellement créditeur, d’un montant équivalent à la dette. De plus, cela reste globalement le cas dans le temps, échange après échange, puisque les coopérateurs échangent entre eux grâce à leur compte de compensation. Auquel cas, les coopérateurs remboursent donc globalement la dette de telle manière que la hauteur du remboursement mensuel est indexé sur la dette. Plus la dette est importante, plus le remboursement est important, et tant qu’il y a une dette, il y a une capacité de remboursement.

En définitive, on peut dire que la durée de remboursement est indépendante du montant de la dette et vaut grossièrement l’inverse du taux annuel de remboursement. Si l’on choisi une durée caractéristique de remboursement de l’ordre de 15 ans, c’est-à-dire ni du court terme, ni du trop long terme, mais une durée classique de remboursement d’un investissement d’avenir, la prime d’assurance mensuelle s’élève à 0,5% de la valeur des comptes créditeurs.

Nous préciserons cela dans le prochain article

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