La Coopérative Inter-régionale d’Echange ne peut pas être un système d’Echange Local, elle est nécessairement globale, c’est-à-dire internationale, sous peine de ne pas pouvoir répondre aux enjeux économiques, sociaux, et sociétaux, qui sont les nôtres aujourd’hui. Elle sera multinationale, capable d’agir sur la mondialisation, ou elle ne sera pas.

La mondialisation a commencé à l’âge du bronze

La mondialisation sauvage d’aujourd’hui produit des ravages économiques et sociaux dans de nombreux pays. Elle ne profite qu’à un petit nombre de pays et d’individus, en tout cas momentanément.

Cependant, on ne peut pas arrêter la mondialisation, même suite à la crise sanitaire actuelle. Nous retournerions à l’âge de pierre, et personne ne le souhaite. Car la mondialisation a commencé à l’âge du bronze, elle s’est développée car elle a apporté un avantage à ceux qui l’ont adoptée.

En effet, la découverte de procédés de fabrication d’objets en bronze, et plus généralement de la métallurgie, a profondément modifié les systèmes de production, et par suite l’organisation sociale de l’antiquité. Ceci est très bien expliqué dans une exposition du musée d’art et d’histoire de Langres.

Le point clé ayant généré ces changements déterminants est le suivant : les minerais indispensables à la fabrication du bronze ne sont pas bien répartis à la surface de la terre, comme les terres arables. Ils sont localisés à de rares endroits bien définis. Ainsi l’industrie du bronze s’est localisée à des endroits bien précis. Les ouvriers du bronze se sont spécialisés dans la fabrication du bronze et ne pouvaient plus cultiver la terre pour se nourrir eux-mêmes. Il s’est donc développé des filières commerciales “internationales” pour pouvoir les alimenter en nourriture et autres biens de consommation. La division internationale du travail est ainsi née.

Une coopérative multinationale à visage humain

Aujourd’hui, la sophistication des produits de consommation et le niveau des investissements nécessaires à la création d’outils de production fait que chaque village, chaque ville, voire chaque pays, ne peut pas avoir sa mine, sa sidérurgie, son usine automobile, son chantier naval, comme c’était le cas à l’âge de pierre. Une grande partie des échanges sont donc nécessairement “non-locaux”.

Si la Coopérative d’Echange veut pouvoir répondre aux enjeux actuels, changer quelque chose dans nos vies, améliorer le système monétaire et financier, elle soit nécessairement être adaptée aux organisations de production et de consommation modernes. Elle ne peut donc pas se restreindre à des échanges locaux, fussent-ils mêmes nationaux. Pour pouvoir intégrer l’ensemble des besoins des êtres humains, elle doit pouvoir gérer les échanges internationaux, et par conséquent devenir une multinationale.

Pour sortir de la mondialisation sauvage, et générer une mondialisation “raisonnée”, “humaine”, la coopérative d’échange doit être mondiale.

Les Systèmes d’Échanges Locaux sont de petites associations micro-sociales d’entraide locales, et à ce titre méritent d’être développés. Le CIEDESS est nécessairement une coopérative macro-économique

Par contre, bien que la Coopérative d’Échange diuvent être mondiale, elle peut, et nous pensons qu’elle doit, favoriser les échanges locaux lorsque c’est possible ou souhaitable pour des raisons environnementales, ou sociales. La Coopérative d’Echanges est spécialement taillée pour cela. C’est l’assurance économique, spécifique de cette Coopérative d’Echange, qui le permet. Avec l’assurance économique il est possible de contraindre l’économie à se mettre service du politique et non l’inverse, au service du plus grand nombre et non de quelques-uns.

 

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